15 juillet 1999 - Concert d'ouverture avec LA LÉGENDE DE DOD, NAMAS PAMOS, ANDRÉ WILLIAMS
sur la Place de Jaude - Clermont-Ferrand
 


Une place encore marquée par les parures du 14 a accueilli l'ouverture de cette 12ème. L'occasion de remplacer le bleu, blanc, rouge et kaki par des couleurs nettement plus intéressantes ...
Dod officie dans le bal populaire, seul avec son accordéon. Un peu tôt pour le réveil de la Place de Jaude, l'instrument lui-même rendra l'âme avant qu'il ne parvienne à exprimer son monde.
Namas Pamos aura moins de mal. Difficile de décrire les instruments dont se servent ces ambassadeurs de leur petit pays, la Lipomgalie. Une multitude d'instruments viennent orner leur musique inclassable. Que dire en effet d'un Dj qui mixe sur un revox première génération ? que dire encore sur des chansons au langage incompréhensible ? Beaucoup de choses ... Namas Pamos entraîne son public vers un univers qui n'appartient qu'à eux, tellement familier tant il emprunte à toutes les cultures. Définir un style ? ethnotechnoelectrokazooïdoworld ? en attendant, on apprécie ... André Williams est une légende. C'est du moins ce qu'il transparaît de l'ensemble des témoignages le concernant. Le vieux bonhomme a tardé à apparaître sur la scène, laissant à son groupe l'honneur d'inaugurer la reverbe sur fender d'époque sous le ciel auvergnat. Les premiers morceaux ont rappelé de bons souvenirs aux plus anciens, mais ont surtout permis de se rendre compte d'une chose : au concours de cravates, le guitariste de droite était largement devant ... Cela ne fera certes pas oublier qu'André était bel et bien la star de ce premier soir. Jouant allègrement du haut de son âge au jeune premier arborant fièrement son torse, son histoire se trouve résumée en un seul mot : le cul ... Pour qui a compris le texte, il n'est plus question ici que de la chose exprimée dans sa plus simple expression, celle d'un vieux pervers déjanté pour qui le rock'n'roll n'a qu'une signification : le c ... . Et pour cette fois, on était tous d'accord ...

16 juillet 1999 - Premier soir à Iloa avec HIGH TONE, ZITA ZWOON,
 URBAN DANCE SQUAD, FUN LOVIN'CRIMINALS, dEUS, TRICKY,
 FREESTYLERS 

La première prise de contact avec Iloa s'est faite tranquillement. Le dub des lyonnais d'High Tone a accueilli  les premiers visiteurs à une heure on l'on a peu l'habitude d'écouter ce type de musique, jusqu'à l'arrivée du premier OVNI belge. Zita Swoon (Anvers) a investi la scène à sa façon, à grand renfort de mannequins découpés main, une tonne de guitares sur les côtés et une attitude proche de la grande époque du glam rock. La formation musicale reste totalement cinglée, les musiciens ayant concocté une fin de show à la hauteur de leur extravagance :  un melting pot de tubes disco, rassemblés sous le titre "Sunshine Disco Music" avec dans le désordre : «Kung Fu Fighting» de Carl Douglas, «Staying Alive» (Bee Gees), «Money Money» (Abba) et bien d'autres encore ... . Urban Dance Squad n'est pas du genre à faire forcément autant marrer ... La précision qui fait la réputation du groupe ne s'est pas démentie, laissant à leur chanteur à l'éternelle allure de small soldier le soin de réveiller l'assemblée. Mission accomplie avant l'arrivée décalée de quelques heures des Fun Lovin'Criminals. Le son ayant fait quelque peu des siennes, le set des américains s'est progressivement changé en tournoi de frisbee entre musiciens et public. Et à 3000 contre 1, l'avantage est resté au nouveau monde ... Malgré tout, la décontraction qui caractérise leur musique a fait merveille en ce début de soirée. Les refrains de leur dernier album ont conquis au fur et à mesure une foule devenue plus dense. L'ampleur du son a permis au trio d'asséner des titres imparables, et même lorsque le registre s'est fait plus groove, les Fun Lovin'Criminals sont décidément restés maîtres dans l'art de la puissance à la sauce plage. C'est cette ampleur qui  caractérisera par la suite le show de dEUS. Le son ne se décidant pas ce soir-là à officier dans la stabilité, la scène  se transforma une nouvelle fois en salle de jeux pour des groupes bien décidés à profiter du public et de l'été .... Les belges l'avouaient eux-mêmes : leurs concerts se passent rarement sans une bonne dose d'ennuis techniques. Cela ne les a pas empêché d'enchaîner un répertoire composé de titres de leurs trois albums avec un aplomb que même l'effondrement de la structure n'aurait pu démonter ... . Tricky aime se faire attendre, avec près d'une heure de battement avant son arrivée sur scène. L'idée que certains se faisaient du concert de trip-hop, assis les doigts de pieds en éventail sur l'herbe grasse n'a pas longtemps tenu le choc. La puissance les a très vite rappelé à la réalité. Depuis son second album, l'évolution des compositions de Tricky est énorme, à tel point que l'on pourrait appeler cela du «Trickhop» tant sa musique est novatrice. Le concept ne repose pas sur le seul bonhomme. Il est entouré d'une véritable formation qui n'a eu guère de mal à hypnotiser le public. À commencer par le batteur et ses passages jungle uniques, le bassiste (énorme, au sens propre comme au sens figuré) et la chanteuse, nouvelle venue dans le groupe. Tricky a proposé entre autre des titres de son dernier album, «Juxtapose», et a retracé toute son histoire musicale en 1h15 de set. De la chanson qui l'a fait connaître à l'époque où il appartenait encore à Massive Attack (Karma Coma) à une reprise de Blondie en passant par un morceau pop surprenant  en fin de concert, Tricky a offert à son public un concert inoubliable. Trop fort, trop court, trop puissant, les superlatifs sont désormais la seule solution pour décrire la prestation de ce soir là ... . L'air auvergnat n'incite apparemment pas à la nuit blanche. Chaque année, le dernier groupe se produit devant un parterre clairsemé d'irréductibles bien décidés à poursuivre la fête jusqu'à son maximum. Et pour ceux-là, la conclusion avait des allures d'apothéose : Les Freestylers sont une véritable machine à danser, une discomobile à apparence humaine pour un retour aux sources de la streetparty. Et lorsque les deux danseurs ont envahi la scène, l'exercice de style s'est rapidement transformé en véritable démonstration. Avec ou sans les mains, par terre ou en l'air, les gosses ont donné le ton : le Big Beat du collectif ne devait servir qu'à décaniller une bonne fois pour toutes les genoux. Une mise en place irréprochable qui va à l'essentiel, où guitare, basse, batterie, Dj et programmateur servent le phrasé si particulier de leur duo vocal.  Il y a ceux qui y était ...

17 juillet - DAAU, SWELL, DOMINIQUE A, YANN TIERSEN, BURNING SPEAR, YELLOWMAN, THE ROOTS, INDIAN ROPEMAN, FREDDY FRESH, AUDIOACTIVE, ETHNICIANS

On était prévenu ... 11 groupes, deux scènes à 300 mètres d'écart, il n'en fallait guère plus pour transformer la soirée en marathon. Retracer ce 17 juillet, c'est avant tout parler voûte plantaire, kilométrage et du coup ... dopage !. Dès 16h, DAAU mettait le couvert. Le quatuor anverois en a surpris plus d'un par le mélange d'une base classique (violoncelle, accordéon, ... ) et l'utilisation de samplers et autres vocoders. Surprenant,  Swell ne le furent par contre décidément pas. Malgré un changement de formation par rapport à leur premier passage à Rock Au Max (avec Fatima Mansions et That Petrol Emotion), le peu d'évolution et le manque de pêche de leur pop avait de quoi agacer même les plus mordus en ce début de soirée.
Pas plus énervé, mais autrement plus profond, Dominique A n'était pas venu offrir un concert bâti sur les tubes qui ont construit au fil du temps sa réputation. Servant les titres de son dernier album, "Remué", et renforcé par la présence du guitariste de Miossec, Dominique A a officié ce soir-là dans la décontraction, se permettant même, fait rare, de faire rire son public ... un comble !. Autre invité de taille de la nouvelle vague atlantique, Yann Tiersen a commencé son concert comme il le fait d'habitude : seul avec son violon. Par la suite, c'est accompagné de Dominique A, Claire Pichet, Christian Quermalet (autre multi-instrumentiste) et par les Married Monk qu'il transportera dans son univers le public venu à Thiers. Beaucoup ont découvert à cette occasion un artiste complet au talent confirmé.L'allumage du Dance-Floor s'est produit vers 20h45. Entre un Dj qui rate son avion et quelques annulations de dernière minute, il fallait rester attentif pour tenter de ne rien rater. Ethnicians a ouvert le bal avec leur dub tribal, histoire de faire monter doucement la pression jusqu'à l'arrivée de Freddy Fresh. Le big mister a prouvé qu'il était l'un des plus grands DJ du moment. Freddy Fresh apprécie autant les rythmes latinos que le big beat, et a prouvé sur la première partie de son show qu'il avait la stature d'un Fatboy Slim ... Audioactive se sont pointés quant à eux en avance sur le Dance-Floor, pour le plus grand malheur des moins informés. Surtout qu'ils ont montré pour quelles raisons la presse pouvait s'être tant intéressée à leur concept.  À la fin de leur tube, "Robot War", Le public technoïde a de suite compris. Un line up impressionnant : batterie électronique au design hallucinant, deux claviers, un MC, un guitariste, un bassiste et surtout une pêche monstrueuse qui aurait peut-être mérité les honneurs de la grande scène ... et du coup, on en a quelque peu raté Burning Spear de l'autre côté du champ. À la fin d'Audioactive, The Roots terminaient leur concert sur la grande scène. Au bout d'un sprint final mémorable, la surprise à l'approche du groupe s'est faite plus grande en découvrant que la boîte à rythme et les platines étaient humaines ! Plutôt content de profiter d'un bout de leur concert, on se pose et on constate : The Roots ont décidé de se marrer pour les dernières minutes de leur concert. Transformés en joyeuse bande de mimes marceau, les américains se sont déchaînés en se passant de l'ensemble de leurs instruments. Une imitation de Stevie Wonder plus tard, les regrets d'avoir raté quasi l'ensemble de leur show n'y changeront rien, on était prévenu ... . Indian Ropeman ont clôturé le Dance Floor avec le son de l'Asian Beat, un mix de technologie et d'instruments traditionnels. Yellowman s'est chargé quant à lui d'en terminer avec cette seconde nuit d'un festival qui de mémoire n'a jamais été aussi épuisant ...

18 juillet - MICKEY 3D, P18, NATACHA ATLAS, KEZIAH JONES, ARNO, EAGLE EYE CHERRY, INCOGNITO
extrait de La Montagne du 20 juillet 1999 - article d'Anaïs Jouvancy
Après Mickey 3D, P18, Natacha Atlas et Keziah Jones, ce sont Arno, Eagle Eye Cherry et Incognito qui sont entrés en scène, dimanche soir, pour la dernière soirée de Rock au Max 99. Le public a eu droit à un Arno des grands jours, servi sur le dernier plateau de Rock au Max, dimanche soir. Véritable antihéros flamboyant, hirsute et tout en noir, il arpente la scène de gauche à droite, se prend les pieds dans les retours, trébuche, titube, comme ivre d'inspiration. Complètement habité, il s'accroche à son micro, se donne tout entier, se tord et se contorsionne, tel un pantin désarticulé et envoûtant qui "se frappe la tête contre le ciel". Progressivement, Arno se rapproche de son public, paraît moins halluciné. Petit à petit, ce drôle d'oiseau noir fait son nid, étonne, surprend, subjugue : le public est conquis. Arno en fait ce qu'il veut : il le fait chanter en chœurs, en canon, fort, doucement, avec ou sans lui. En osmose totale avec son auditoire et plus charismatique que jamais, ce grand monsieur savoure, se régale et profite de ce moment privilégié : il s'arrête en plein milieu du morceau, pour faire rire ou pour parler d'autre chose. Il est à l'aise, et plus que ça : il s'amuse. La soirée s'est terminée avec Eagle-Eye Cherry et Incognito. En cerise sur le gâteau, Eagle-Eye s'est montré digne de la tribu des Cherry. Entre blues, rock et folk, le frère de Neneh Cherry a séduit le public, avec les morceaux de "Désireless". Une voix à la fois classique et profondément contemporaine. Et le public de reprendre en chœur l'incontournable "Save Tonight", le grand succès de ce jeune bluesman hors du commun et bourré d'énergie. C'est Incognito qui a clos le festival, avec les morceaux de son dernier album "Tribes, Vibes and Scribes".